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« Tu ne peux pas planter une graine et venir couper les racines » : Le cri du cœur de MC One à son mentor.

L’industrie musicale ivoirienne est à nouveau secouée par les échos d’une rupture qui semblait pourtant consommée depuis 2017. Le rappeur MC One et son ancien producteur, DJ Kedjevara, se sont livrés à un échange de vérités par écrans interposés, mettant en lumière les zones d’ombre des contrats de production avec des artistes mineurs et la complexité des relations « père-fils » dans le showbiz.

Les Révélations Chocs de MC One

Sortant d’un long silence, MC One a exprimé son amertume concernant les débuts de sa carrière. Le cœur du problème réside, selon lui, dans les conditions de sa signature internationale alors qu’il n’avait que 17 ans.

MC One affirme que ses parents, peu habitués aux rouages de l’industrie, auraient été conduits à signer un contrat avec un label occidental qui l’aurait bloqué pendant des années.

Le rappeur a révélé que son père n’aurait reçu que la somme de 30 000 FCFA (six billets de 5 000) au moment de cet engagement crucial. Initialement tourné vers un style plus posé (inspiré de Kiff No Beat), il aurait été poussé à adopter une image agressive et à entrer en conflit avec les ténors du Coupé-Décalé pour créer du « buzz ».

Plus grave encore, MC One accuse son ancien mentor d’user de son influence pour faire annuler ses concerts en Occident par simple affinité avec d’autres acteurs du milieu.

La Riposte de Kedjevara : « Je l’ai traité comme mon propre fils »

Face à ces accusations, la réaction du patron de 18 Avril Production ne s’est pas fait attendre. Choqué par ce qu’il qualifie d’ingratitude, Kedjevara a tenu à rappeler l’investissement humain et financier consenti pour l’artiste :

Le producteur affirme avoir logé MC One et sa famille pendant deux ans dans un quartier résidentiel (la Palmeraie), les sortant de conditions précaires à Blocos.
Il souligne avoir payé les frais de scolarité de l’artiste dans des établissements de prestige (L’Ardoise, Université Nord-Sud) malgré le désintérêt du jeune homme pour les études.

Concernant les contrats, Kedjevara explique que les sommes perçues (notamment un premier contrat de 1,5 million) étaient intégralement réinvesties dans des projets d’envergure, comme son concert au Palais de la Culture, dont le coût avoisinait les 20 millions de FCFA.

Le Dilemme du Mentorat dans le Showbiz

Cette affaire soulève une question fondamentale : à quel moment l’accompagnement d’un producteur se transforme-t-il en emprise ?

D’un côté, MC One incarne l’artiste qui réclame son autonomie et une transparence contractuelle. De l’autre, Kedjevara représente le producteur-mécène qui estime que les services rendus (logement, éducation, coaching) l’emportent sur les chiffres bruts des contrats.

Alors que MC One tente aujourd’hui de voler de ses propres ailes avec un nouvel album, les cicatrices de cette collaboration passée semblent loin d’être refermées. Ce conflit rappelle la nécessité pressante d’une professionnalisation accrue et d’un encadrement juridique plus strict pour les jeunes talents en Côte d’Ivoire.

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