L’affaire du détournement de cocaïne au sein de la cellule antidrogue du Port autonome d’Abidjan a mis en lumière des pratiques troublantes au sein des forces de l’ordre ivoiriennes. Ce scandale a révélé comment des agents censés lutter contre le trafic de drogue ont, au contraire, participé à la disparition d’une partie d’une saisie record.
Tout commence par une arrestation anodine
L’histoire débute en juillet 2022, lorsqu’un trafiquant de drogue surnommé « Abou » est interpellé à Abidjan. Lors de la perquisition de son domicile, les enquêteurs trouvent 37 grammes de cocaïne conditionnés en petits sachets, prêts à la vente. Ce qui semble être une simple affaire de trafic de drogue va rapidement prendre une ampleur nationale.
En fouillant son téléphone, les autorités découvrent des échanges compromettants qui le relient à des membres des forces de l’ordre, notamment des officiers de la cellule antidrogue du port d’Abidjan. Ces messages laissent entendre que ces derniers seraient impliqués dans un vaste trafic de cocaïne.
Une saisie record de drogue… puis une disparition mystérieuse
En février 2021, une opération de la gendarmerie nationale aboutit à la saisie historique de 1,56 tonne de cocaïne brute, d’une valeur estimée à 25,56 milliards de FCFA (environ 38 millions d’euros), dans le quartier d’Angré, à Abidjan.
Cependant, lors de l’enquête, il apparaît que près de 200 kg de cette drogue ont disparu des scellés. Une disparition qui éveille les soupçons sur la cellule antidrogue du port d’Abidjan, dirigée par un officier ayant pourtant été élu « meilleur gendarme de Côte d’Ivoire » en 2018.
L’enquête révèle que ces 200 kg de cocaïne ont été subtilisés par trois officiers et un indic, qui auraient revendu la marchandise sur le marché noir.
Un procès très attendu
Après plusieurs mois d’investigation, le tribunal correctionnel d’Abidjan ouvre le procès des accusés. Pendant plusieurs semaines, les audiences mettent en lumière l’implication des gendarmes dans cette affaire, suscitant l’indignation de l’opinion publique.
Le 5 mars 2025, la justice ivoirienne rend son verdict :
- L’ex-patron de la cellule antidrogue du Port autonome d’Abidjan
- Deux autres officiers
- Un informateur (« indic »)
Sont tous condamnés à cinq ans de prison ferme pour leur rôle dans le détournement et la revente de la cocaïne saisie.
Un scandale qui ébranle la lutte antidrogue en Côte d’Ivoire
Ce scandale met en évidence les failles et les risques de corruption au sein des forces de l’ordre chargées de la lutte contre le trafic de drogue en Côte d’Ivoire.
Les autorités ivoiriennes, déjà confrontées à une montée inquiétante du trafic de stupéfiants dans le pays, doivent désormais répondre à une question essentielle : comment garantir l’intégrité des unités censées combattre ce fléau ?
Pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent, les autorités annoncent un renforcement des mécanismes de contrôle au sein des unités spécialisées dans la lutte contre la drogue.
Des conséquences à long terme ?
Cette affaire pourrait avoir un impact durable sur la perception des forces de l’ordre et sur la coopération internationale en matière de lutte contre le trafic de drogue. En effet, la Côte d’Ivoire est un pays de transit majeur pour les narcotrafiquants reliant l’Amérique latine et l’Europe. Des affaires comme celle-ci pourraient fragiliser la confiance des partenaires étrangers, qui apportent souvent un soutien logistique et financier aux autorités locales.
En résumé : un scandale aux multiples répercussions
- 1,56 tonne de cocaïne saisie en 2021
- 200 kg détournés par des officiers antidrogue
- Un procès qui se termine par des peines de 5 ans de prison
- Un coup dur pour la lutte antidrogue en Côte d’Ivoire
L’affaire, bien que clôturée par la justice, laisse encore de nombreuses interrogations sur l’ampleur réelle du trafic et l’implication éventuelle d’autres hauts responsables. D’autres arrestations sont-elles à prévoir ? Affaire à suivre…
































