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Politique

Une élection historique pour La France Insoumise

Le candidat La France insoumise Bally Bagayoko, allié au Parti communiste, a ravi au Parti socialiste la ville de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dès le premier tour des élections municipales du 15 mars 2026, avec 50,77 % des voix. Une victoire écrasante face au maire sortant, le socialiste Mathieu Hanotin, qui n’a réuni que 32,70 % des suffrages.

Saint-Denis, terre communiste pendant 75 ans, devient ainsi le lieu idéal pour que La France insoumise s’ancre localement. Il s’agit d’un tournant majeur : LFI remporte ainsi la deuxième plus grande ville d’Île-de-France, arrachée au Parti socialiste.

Qui est Bally Bagayoko ?

Militant antiraciste et père de quatre enfants, Bally Bagayoko a grandi dans les quartiers populaires de Saint-Denis et y reste très attaché. Cet ancien joueur de basket de 52 ans est décrit par les habitants comme « un enfant de la ville » : il a beaucoup d’humilité, connaît son terrain et est très apprécié des jeunes.

Sa victoire prend une dimension particulière pour lui : « Personne n’aurait imaginé quelqu’un de nos quartiers, y compris héritier de l’immigration. On a fait mentir tous les pronostics », se réjouit-il.

Une campagne d’une rare violence

La bataille de Saint-Denis a été d’une rare violence, les entourages des deux candidats multipliant les polémiques et accusations, allant de l' »arrachage systématique » d’affiches à des « menaces de mort ».

Ces dernières semaines, Mathieu Hanotin et son entourage se sont aussi publiquement inquiétés de voir des trafiquants de drogue faire campagne pour Bally Bagayoko qui, en réaction, a porté plainte pour diffamation. Dans le camp de Bagayoko, on dénonce du « mépris de classe et surtout du racisme ».

La polémique de la « ville des Noirs » : une fake news organisée

Dès le soir de sa victoire, Bally Bagayoko est devenu la cible d’une vaste opération de désinformation.

Tout commence dans la nuit du 15 au 16 mars, vers minuit trente. Invité sur LCI par le journaliste Darius Rochebin, Bally Bagayoko évoque l’identité de sa ville en déclarant : « la ville des rois et du peuple vivant » une référence à la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, et aux habitants de cette commune populaire.

Des internautes ont déformé ses propos, ont tronqué la vidéo et n’ont diffusé sur les réseaux sociaux que le début de la vidéo, pendant lequel on entend difficilement ce que dit Bally Bagayoko. Le premier message l’accusant d’avoir dit que Saint-Denis était la « ville des Noirs » a été publié par Emmanuel de Villiers, ancien directeur du Puy-du-Fou. Une heure plus tard, Gilbert Collard, ancien eurodéputé du RN, amplifiait la fausse information.
La fausse citation a même cheminé jusqu’aux plateaux de télévision. CNews y a consacré un débat, pendant lequel un homme se demandait s’il pouvait encore vivre en France.

Apolline de Malherbe rattrapée par l’intox et ses excuses

Apolline de Malherbe a interrogé Bally Bagayoko en direct dans son émission matinale sur RMC : « Alors qu’un de mes confrères vous interrogeait sur la ville des rois, vous disiez que c’est aussi la ville des noirs, est-ce que ça, ça compte pour vous ? » Le nouveau maire a aussitôt rectifié : « Ce n’est pas la ville des noirs, c’est la ville des rois et du peuple vivant. »

Quelques heures plus tard, Apolline de Malherbe a publié un message d’excuse sur X : « Dans le tumulte du direct, j’avais mal entendu ses propos dimanche soir à minuit, et j’en suis désolée. »

Un symbole politique fort, entre espoir et résistances

Bally Bagayoko a déclaré que sa victoire « montre que le chemin de la rupture dans les villes populaires est le chemin qu’il faut pour l’ensemble des territoires populaires », vantant une ville qui, avec 150 nationalités, « représente en fin de compte tout ce que l’extrême droite déteste ».

En l’élisant maire, les habitants ont choisi un changement de cap, portés notamment par une mobilisation sans précédent de la jeunesse. Mais la virulence des réactions post-électorales montre que son mandat s’annonce sous haute tension politique et médiatique un miroir des fractures profondes qui traversent la France en ce printemps 2026.

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