À la zone industrielle de Yopougon, comme dans plusieurs nouvelles zones industrielles en pleine expansion, un même schéma se répète depuis des années. Un système discret mais profondément enraciné, qui repose à la fois sur l’exploitation de journaliers précaires et sur une inégalité salariale structurelle entre embauchés.
Ces zones, majoritairement gérées par des Libanais et des Indiens, concentrent aujourd’hui des réalités sociales que peu osent documenter.
Avant même de travailler : la magouille à l’entrée du système
Pour les journaliers, tout commence par l’attente.
Une attente longue, floue, souvent humiliante.
L’accès au travail ne passe pas par les ressources humaines, mais par des embauchés déjà en poste, généralement subsahariens, qui servent d’intermédiaires officieux. C’est à ce niveau que s’installent les premières dérives :
fausses promesses, listes informelles, appels jamais honorés, parfois même des sommes exigées pour espérer être “placé”.
Beaucoup passent des semaines, voire des mois, à tourner autour des mêmes entreprises, sans jamais être retenus.
Journaliers : travailler sans statut, sans droits
Lorsqu’ils finissent par être appelés, les journaliers intègrent les entreprises sans contrat, sans engagement écrit.Ils sont payés à la quinzaine, selon le bon vouloir de la hiérarchie, sans protection sociale, sans assurance santé, sans visibilité sur la durée. Ce sont pourtant eux qui assurent les tâches les plus pénibles : manutention lourde, travaux à risques, longues heures sous pression.
Des conditions de travail éprouvantes et une violence verbale banalisée
Sur les chantiers, les journaliers travaillent souvent sans équipements de protection adéquats. À cela s’ajoutent des humiliations verbales répétées, rapportées par plusieurs témoins, principalement de la part de certains responsables libanais.
Des propos rabaissants, parfois brutaux, qui s’inscrivent dans un climat où la peur de perdre sa place réduit toute contestation au silence.
La paie des journaliers : une précarité assumée
Tous les quinze jours, les journaliers sont alignés pour recevoir leur rémunération.
Selon plusieurs témoignages concordants, l’argent leur est fréquemment tendu de la main gauche par le responsable chargé de la paie un geste perçu comme un manque de respect supplémentaire. La somme, jugée dérisoire, ne reflète ni la pénibilité du travail ni les risques encourus.
Un autre problème, tout aussi grave : l’inégalité salariale entre embauchés
Au-delà de la situation des journaliers, l’enquête met en lumière une seconde injustice, moins visible mais tout aussi choquante : l’inégalité salariale entre embauchés occupant les mêmes postes.
À poste égal, avec parfois plus de dix ans d’ancienneté, les écarts de rémunération sont saisissants :
• 150 000 à 200 000 FCFA pour des embauchés subsahariens
• 700 000 à 1 000 000 FCFA pour des embauchés libanais
Ces écarts ne s’expliquent ni par la qualification, ni par l’expérience.
Dans de nombreux cas, les travailleurs subsahariens ne sont pas déclarés à la CNPS et ne bénéficient d’aucune couverture sociale ou médicale.
Un système ancien, connu et pourtant toléré
Ce double phénomène précarité des journaliers et inégalité salariale entre embauchés dure depuis des années, aussi bien à la zone industrielle de Yopougon que dans les nouvelles zones industrielles récemment créées.
Il prospère dans le silence, porté par le chômage massif des jeunes et l’absence de contrôles rigoureux. Ces travailleurs ne demandent pas l’impossible.
Ils demandent des règles claires, une égalité de traitement, le respect de leur dignité.
































2AM
février 1, 2026 at 2:45 pm
Merci parent vraiment venez mener des enquêtes dans entreprises de la zone les filles souffrent les gens veulent faire du rapport sexuels avant de leurs trouveras des places pour un boulot vraiment.
Foufoué Clément
février 1, 2026 at 8:16 pm
C’est vraiment triste, mais c’est une réalité et aussi pénible que cela puisse être, nous en sommes tous coupable.
Coupable par complicité pour certains, coupable par cupidité et silence pour d’autres!
Vivement que l’État jette un regard plus rigoureux sur cette situation qui détruit de milliers d’hommes et de femmes!
Serge Kouassi
février 2, 2026 at 9:52 am
La zone industrielle de Yopougon est remplie d’ inégalités et ce à tous les niveaux. Moi j’ai travaillé dans une entreprise bien connu de la zone où les embauchés et les Libanais sont les <>des journaliers . Tu as l’impression que c’est pas le même sang qui coule dans nos veines . On constate dès lors une rémunération salariale inégale, les journaliers qui ne connaissent pas le salaire fixe define par l’entreprise elle même, ces derniers ne sont pas assurés et n’ont pas le droit à la parole de peur d’être renvoyés, des conditions de travail qui fait penser à l’enfer je prend l’exemple de la coupure d’eau qui peux durer jusqu’à la fin du travail des journaliers . Je confirme par tous ces dires que les journaliers ne sont pas pris au sérieux. Par conséquent, je souhaite que toutes ces conditions soient respectés pour le bonheur non seulement des journaliers victimes de cette injustice mais des futurs journaliers qui seront amenés à y passer un jour . Cette dénonciation est juste et profitable à tous . Nous sommes de jeunes diplômés sans emploi mais faudrait pas que cette inégalité diminue nos valeurs que l’école nous a enseignés je vous remercie !
Oi kouakou Michel Kouakou
février 2, 2026 at 8:38 pm
Moi ça fait 9 années que je travaille etant journalier dans une société de cosmétique. Pas de CDD,ni d’embauche, par de déclaration à la cnps, pas de assurance ,pas de soins adéquats, on travaille 6 jours sur 7 pour avoir 46000fr, les renvois sont à tous moments. L’exploitation totale