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Société

FPPN : de 12 milliards de dettes à 2,7 milliards en caisse, le pari réussi de six années de gestion

En six ans, le Fonds de Prévoyance de la Police Nationale (FPPN) est passé d’une situation financière lourdement déficitaire à une trésorerie excédentaire de 2,7 milliards de FCFA. Un redressement auquel s’ajoutent des avancées majeures dans les domaines de la santé, du financement social et du logement. À l’heure de passer le relais, l’équipe dirigée par le Commissaire Divisionnaire Major Mme Coulibaly Koffi Aminata laisse derrière elle un bilan qui met en lumière une gestion axée sur la consolidation financière et l’amélioration des conditions de vie des policiers.

Le changement de direction intervenu le jeudi 20 août 2026 au Fonds de Prévoyance de la Police Nationale marque la fin d’un cycle de six années.

À l’issue de l’Assemblée générale élective, le Commissaire Principal de Police Coulibaly Kounvolo a été élu directeur général du FPPN. Il succède à Mme Coulibaly Koffi Aminata, arrivée à la tête de la structure en août 2020 et reconduite en 2023.

Mais au-delà du changement de dirigeants, cette transition est surtout l’occasion de regarder dans le rétroviseur et de mesurer le chemin parcouru.

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Un FPPN qui a changé de visage

Lorsque l’équipe sortante prend les commandes en 2020, le Fonds fait face à une situation financière particulièrement difficile. Le bilan présenté lors de l’Assemblée générale fait état d’un cumul de dettes évalué à près de 12 milliards de FCFA sur la période 2005-2020.

Six ans plus tard, le décor est radicalement différent.

Les dettes envers les mutualistes et les fournisseurs ont été apurées et la structure affiche désormais environ 2,7 milliards de FCFA de disponibilités en caisse.

Autrement dit, le FPPN ne transmet pas seulement une institution débarrassée de ses dettes : il transmet une structure disposant désormais d’une capacité financière lui permettant d’envisager l’avenir avec davantage de sérénité.

De plusieurs milliards de dettes à un excédent de 2,7 milliards de FCFA : le redressement financier constitue l’un des marqueurs forts du bilan de l’équipe sortante.

Cette amélioration de la situation financière constitue probablement le point le plus spectaculaire de ces six années de gestion.

Mais elle ne résume pas, à elle seule, le travail accompli.

La santé des policiers au cœur des priorités

L’autre grande transformation concerne la prise en charge sanitaire.

Le FPPN s’est doté de la Clinique Moderne la Prévoyance (CMP), inaugurée en juillet 2025 par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Vagondo Diomandé.

Présentée comme « l’hôpital du policier », cette infrastructure dispose d’un plateau technique moderne et propose plusieurs spécialités médicales.

Surtout, son accès ne se limite pas aux fonctionnaires de police et à leurs familles. La clinique est également ouverte au grand public.

Parallèlement, le FPPN a développé des conventions avec des établissements sanitaires publics à travers le pays.

L’objectif est clair : permettre à un policier, quelle que soit sa zone d’affectation, de bénéficier d’une prise en charge médicale plus accessible.

Une autre mesure particulièrement significative a également été mise en place : la prise en charge médicale complète des policiers retraités.

Une manière de prolonger la protection sociale au-delà de la carrière active et de ne pas laisser les anciens fonctionnaires seuls face aux dépenses de santé.

200 millions de FCFA de prêts chaque mois

Le bilan de l’équipe sortante comporte également un volet social particulièrement important.

Avec le dispositif baptisé « Grenier du policier », le FPPN entend apporter une réponse aux difficultés financières urgentes rencontrées par certains fonctionnaires.

Le principe est de permettre aux policiers d’accéder à des prêts sur fonds propres, dans des conditions plus accessibles, afin notamment de réduire leur recours aux prêteurs informels, communément appelés « margouillats ».

Les chiffres donnent la mesure du dispositif.

Environ 200 millions de FCFA sont prêtés chaque mois aux policiers.

Depuis sa mise en œuvre, ce mécanisme aurait permis de distribuer plus de 3 milliards de FCFA à plus de 11 000 policiers.

Derrière ces montants, l’enjeu est donc aussi social : offrir aux fonctionnaires une solution de financement institutionnelle lorsqu’ils traversent une période financière difficile.

Le logement, autre chantier majeur

La gestion sortante ne s’est pas limitée aux questions financières et sanitaires.

Le logement des policiers figure également parmi les dossiers structurants engagés au cours des six dernières années.

Le FPPN a ainsi conclu un partenariat avec un financier-constructeur pour la réalisation d’un programme immobilier composé de six immeubles R+5 à Cocody Deux-Plateaux.

Le projet, annoncé avec une échéance en 2027, devrait permettre au Fonds de générer un gain estimé à 1 milliard de FCFA, ainsi que des recettes annuelles de plus de 600 millions de FCFA.

Une autre convention doit également permettre à 1 065 policiers de bénéficier de logements dans la cité Général Vagondo, sur le site d’Azaguié.

Le logement apparaît ainsi comme un nouvel outil de protection sociale et, potentiellement, comme une source de revenus futurs pour le Fonds.

Une gestion qui laisse des acquis… mais aussi des responsabilités

Au moment où Mme Coulibaly Koffi Aminata quitte ses fonctions, le bilan présenté dessine donc une trajectoire assez nette : assainissement financier, apurement des dettes, amélioration de la trésorerie, renforcement de la couverture sanitaire, accompagnement social et développement de projets immobiliers.

Une performance qui a été saluée par les mutualistes lors de l’assemblée générale bilan organisée en juillet dernier.

La question n’est désormais plus seulement de redresser le FPPN.

Il s’agit pour la nouvelle équipe de préserver cette dynamique.

Le Commissaire Principal de Police Coulibaly Kounvolo hérite en effet d’une institution qui dispose, selon le bilan présenté, d’une situation financière assainie et de plusieurs projets structurants déjà engagés.

Son principal défi sera donc de transformer ces acquis en une dynamique durable.

Le véritable enjeu : faire durer la performance

Le passage de près de 12 milliards de FCFA de dettes accumulées à une trésorerie excédentaire de 2,7 milliards de FCFA constitue sans doute le symbole le plus fort de cette transition.

Mais la réussite d’une gestion ne se mesure pas uniquement au montant laissé dans les caisses.

Elle se mesure également à la capacité d’une institution à investir, à protéger ses membres et à préparer son avenir.

Sur ce terrain, le bilan présenté par l’équipe sortante met en avant une stratégie articulée autour de trois piliers : assainir les finances, renforcer la protection sociale et créer de nouvelles sources de valeur pour le Fonds.

À l’heure de passer le relais, le FPPN semble donc avoir changé de dimension.

L’équipe sortante laisse des caisses renflouées, des dettes apurées, une offre sanitaire renforcée et plusieurs projets structurants en cours.

La nouvelle direction aura désormais la responsabilité de transformer ces acquis en résultats durables et de faire en sorte que les 2,7 milliards de FCFA laissés dans les caisses ne soient pas seulement le symbole d’un redressement réussi, mais le point de départ d’une nouvelle étape pour le Fonds de Prévoyance de la Police Nationale.

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