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Politique

Trois ans après sa chute, Ali Bongo brise le silence : renoncement aux urnes, règlement de comptes et perspectives d’avenir

Près de trois ans après le coup d’État militaire du 30 août 2023, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba sort de sa réserve. Dans un entretien exclusif accordé à Info241, l’ex-chef de l’État livre sa version des faits, répond aux critiques ayant ciblé son régime et sa famille, et précise ses ambitions politiques pour l’avenir.

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Une charge feutrée contre Brice Clotaire Oligui Nguema

En revenant sur la journée du 30 août 2023, Ali Bongo affirme avoir fait le choix d’éviter tout affrontement :

« Alors que ceux qui avaient juré de me protéger avaient choisi une autre voie, je ne voulais pas qu’une seule goutte de sang gabonais soit versée pour moi. »

À l’égard du général Brice Clotaire Oligui Nguema, qui l’a renversé après avoir été au service de son père Omar Bongo puis au sien, l’ancien président exprime une déception sans détour : « Ses actes parlent d’eux-mêmes. L’histoire et le peuple gabonais les jugeront. »

Maintien de son autorité et défense de sa famille

Ali Bongo réfute fermement l’idée selon laquelle son accident vasculaire cérébral (AVC) de 2018 l’aurait transformé en dirigeant marionnette au profit de son épouse Sylvia et de son fils Noureddin Bongo Valentin.

Il martèle que l’ensemble des décisions présidentielles étaient les siennes. « N’oubliez pas qu’il a fallu des chars de l’armée pour me destituer », soulignes-t-il.

Il dément toute dérive de son fils et dénonce des manœuvres visant à ternir son bilan à travers des poursuites contre ses proches.

Bilan, erreurs admises et recul sur les événements de 2016

Tout en défendant son action sur 14 ans de présidence, l’ancien chef d’État reconnaît des faiblesses structurelles et des errements dans la gestion des hommes :

« Nous n’avons pas toujours choisi les bonnes personnes, comme l’ont clairement montré les événements qui ont suivi. »

Il critique également les difficultés économiques persistantes du pays (vie chère, chômage, dette), notant qu’elles se sont parfois aggravées depuis son départ.

Sur les violences post-électorales de 2016, Ali Bongo formule un mea culpa nuancé, adressant ses condoléances aux familles des victimes et admettant qu’avec le recul, « davantage de dialogue » aurait été nécessaire pour éviter l’escalade.

Retrait des urnes mais présence politique maintenue

Sur le plan politique, Ali Bongo formule une annonce majeure : il ne se présentera plus à aucune élection.

Néanmoins, il conserve la présidence du Parti démocratique gabonais (PDG) afin d’organiser la transition vers une nouvelle génération de dirigeants avant de s’effacer.

Résidant actuellement à l’étranger, il affirme vouloir retourner au Gabon dès que la sécurité et l’État de droit le permettront pour lui et sa famille. Enfin, il ne ferme pas totalement la porte à une contribution future au service du pays, à condition qu’un cadre institutionnel digne de ce nom soit rétabli.

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