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Guinée : La Radiation Du Commandant Michel Lamah Et Le Spectre D’une Fragilisation Dans Les Rangs Militaires

C’est une décision qui fait l’effet d’un séisme au sein de l’appareil sécuritaire guinéen.Par un décret présidentiel rendu public ce lundi 24 août 2026, le chef de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a prononcé la radiation de 173 militaires des effectifs des Forces armées guinéennes pour motif de « désertion ».Parmi eux figure un nom particulièrement emblématique : le commandant Michel Lamah, figure centrale du Groupement des forces spéciales (GFS).

Immortalisé lors du coup d’État du 5 septembre 2021 aux côtés des hommes ayant arrêté l’ancien président Alpha Condé, Michel Lamah incarnait jusqu’alors le visage des acteurs clés de la transition.Sa destitution officielle, couplée à celle d’une centaine d’autres officiers et sous-officiers, marque un tournant dans la gestion interne de la discipline militaire sous l’ère du CNRD.

Tensions, fuites et frictions : quels risques pour l’appareil sécuritaire ?

Si la Présidence met en avant un simple acte de rigueur administrative visant à assainir des effectifs désertés, la portée politique et sécuritaire d’une telle mesure soulève de vives inquiétudes.

Le Groupement des forces spéciales (GFS) constitue le pilier sécuritaire du pouvoir exécutif. La mise à l’écart d’éléments clés comme Michel Lamah traduit l’existence de fuites ou de ruptures de ban au plus haut niveau de ce corps ultra-sélectionné.

La qualification de « désertion » implique que ces militaires ont quitté leurs postes sans autorisation, souvent pour se réfugier à l’étranger. Le rassemblement hors du territoire national de cadres militaires aguerris et formés aux opérations tactiques représente une menace de déstabilisation permanente pour Conakry.

Associer la radiation de figures dites « historiques » du 5-Septembre à une vague massive de départs forcés risque d’alimenter un sentiment de méfiance ou de purge ciblée au sein des unités. Le climat de suspicion mutuelle peut altérer la cohésion d’ensemble et paralyser la chaîne de commandement.

Alors que la Guinée traverse une phase délicate de sa trajectoire politique, la fragilisation du consensus militaire interne expose la transition à de nouvelles turbulences, rendant la sécurisation du processus électoral et institutionnel d’autant plus complexe.

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