Des affiches appelant ouvertement à soutenir l’excision circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux maliens. Derrière le slogan « Oui à l’excision. Nous voulons la protéger », cette campagne ravive un débat particulièrement sensible dans un pays où les mutilations génitales féminines restent très répandues et où leur interdiction légale demeure un enjeu majeur.

La polémique enfle sur les réseaux sociaux au Mali. Depuis la mi-août 2026, plusieurs visuels faisant la promotion de l’excision sont largement relayés sur Facebook, X et d’autres plateformes numériques. Sur ces affiches, des hommes de différents profils apparaissent aux côtés de messages sans ambiguïté : « Au Mali, oui à l’excision », « Nous voulons la protéger » ou encore « Protégeons les filles, construisons leur avenir ».
Ces messages ont rapidement suscité de nombreuses réactions indignées de la part d’internautes, de militantes féministes et d’acteurs engagés dans la défense des droits des femmes. Pour ces derniers, présenter l’excision comme un moyen de « protéger » les filles revient à inverser le sens même de la protection.
Une pratique encore massivement répandue au Mali
La controverse intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Selon une étude statistique publiée par l’UNICEF en février 2022, 89 % des filles et des femmes âgées de 15 à 49 ans au Mali ont subi des mutilations génitales féminines, soit près de huit millions de personnes. L’étude souligne également que la prévalence de ces pratiques reste stable depuis plusieurs décennies.
ONU Femmes reprend également le chiffre de 89 % et qualifie l’excision de tradition néfaste et de forme de violence à l’égard des femmes et des filles.
L’ampleur du phénomène explique donc pourquoi la diffusion de messages ouvertement favorables à l’excision provoque autant d’inquiétude.
Le Mali toujours confronté à un vide juridique
La situation malienne est d’autant plus sensible que, contrairement à plusieurs pays de la région, le Mali ne dispose toujours pas d’une loi nationale spécifique criminalisant les mutilations génitales féminines.
Cette absence de cadre légal spécifique constitue depuis longtemps l’un des points majeurs du combat des organisations de défense des droits des femmes. Les efforts de sensibilisation se poursuivent néanmoins, notamment à travers les programmes conjoints de l’UNICEF et de l’UNFPA consacrés à l’élimination des MGF.
si l’existence et la circulation des visuels sont largement rapportées, l’identité exacte de leurs initiateurs et leur éventuelle affiliation institutionnelle ou politique restent, à ce stade, insuffisamment établies. Une source spécialisée dans la vérification des informations a d’ailleurs classé l’affirmation concernant une campagne menée par des hommes favorables à l’excision comme un dossier encore non vérifié.































